Bonjour Sandra. Tout d'abord bienvenue aux JBD de  Saint Saturnin. Pour cette édition 2020, nos visiteur vont avoir l'occasion de découvrir ta personnalité et ton univers coloré pour la première fois. peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Bonjour à vous les JBD ! Je suis Sandra, illustratrice de 32 ans, qui fais des BD, des illustrations jeunesses ainsi que de la mise en couleur. J’aime les univers fantasy, la SF, les séries, les livres et tout ce qui permet de s’évader du quotidien.

 

Quel est ton dernier ouvrage paru et quelle en est la genèse ?

Il s’agit du tome 2 d’Ayati, l’histoire d’une jeune fille dans une Inde fantastique qui réalise qu’elle a le pouvoir de maîtriser les éléments de l’eau et de l’air. Elle devra se battre contre des démons et des pirates pour sauver une princesse en danger et poursuivre son destin.

Nous l’avons créé avec Fabien Fernandez, scénariste de talent et romancier.

Tu es une autrice éclectique, alternant BD, illustration  et colorisation. Y-a-t-il une recette magique pour réussir à gérer tout cela… ou a défaut sur quel aspect de ton travail es tu le plus attentive ?

Ma recette magique c’est de faire des prières à Shiva pour avoir plusieurs bras et plusieurs mains ^^ Bon, en vrai, ces différentes missions me permettent mobiliser différentes facettes de ma créativité, et c’est ça qui me plait.

Je vais avoir tendance à être très concentrée lorsque j’imagine mes cases de BD, mais être plus dans l’instinctif quand je passe à la couleur. Peut être parce que la colo donne une « âme », une « ambiance » à la page. Et l’illu jeunesse, c’est ce que je trouve le plus fluide : comme ce ne sont pas des actions qui se suivent, je morcelle le texte en « photographie » des moments importants.

Comment travaille-tu, avec quelles techniques? 

Je travaille à l’ordi après avoir fait des petits croquis sur le papier. J’aime avoir une grande feuille (ou une serviette de bar, quand je travaille dehors^^ ) pour faire pleins de gribouillis et rechercher LA pause qui me plaira le plus. Puis direction mon vieux PC (ce vénérable pépère a bientôt 10 ans) et ma tablette graphique pour mettre tout cela au propre.

Combien de temps te faut-il pour concevoir et réaliser une illustration ?

Pour les illustrations de Cavalière du Roi, je dirai : une grosse journée pour les petites illu et plusieurs jours pour les grandes.

... Et un album BD ?

Alors là, il me faut bien 8 mois. Presque comme si je préparai un bébé humain. Sauf que là, le bébé est plat avec des pages en couleurs. ^^

Tu es plutôt ordinateur ou papier ?

Plutôt ordi, même si rien ne remplace la sensation du papier.

Quelle formation as-tu suivi et quel conseil donnerais-tu à celles et ceux qui voudraient suivre ton exemple ?---

J’ai étudié pendant trois ans à l’ENAAI, une école d’art graphique à Chambéry. Ca m’a énormément apporté, au niveau technique bien sur, mais surtout au niveau humain. Le fait d’être entouré de prof, hommes et femmes, qui étaient tous et toutes dans le dessin, ça m’a donné confiance dans ce métier : il y avait bien des gens qui pouvaient en vivre. Ce qui a été très motivant aussi, ça a été les autres élèves (qui sont devenus des ami-es). Rencontrer des collègues avec qui partager ses rêves et ses passions, c’était stimulant. Mon conseil aux jeunes : entourez-vous ! Trouvez des gens qui vous motivent, qui vous inspirent, qui vous portent et pratiquez, pratiquez, pratiquez. Essayer aussi de trouver de la joie dans vos échec : ils sont le terreau de vos réussites futures.

Peux tu nous parler de ton tout premier dessin publié et quel regard portes-tu sur lui aujourd’hui.

Ma première publication en tant qu’illustratrice c’était un recueil de contes en noir et blanc : Le Petit Berger (éditions Manannan). Eh bien… disons que je suis contente d’avoir évolué et d’être plus à l’aise dans mon dessin.

Quelle genre de relation as-tu avec ton public lors des séances de dédicaces et as-tu des anecdotes à ce sujet ?

Une relation très fluide : à chaque fois j’essaye de parler aux gens, de m’intéresser à eux pour qu’on partage un chouette moment en plus du dessin. Une de mes anecdotes les plus touchantes c’est une maman qui m’a dit que sa fille avait tellement aimé ma BD Ayati qu’elle avait habillé sa poupée comme mon héroïne…. Gros moment d’émotion pour moi qui jouais aussi aux poupées étant petite.

Selon toi la bd doit elle rester un pur divertissement ou peut-elle véhiculer des valeurs ou un « fond » qui te sont personnels. Si oui, lesquels ?

Je ne peux pas détacher mon dessin de mes valeurs. Fabien, le scénariste, a construit notre Ayati comme une fillette entêtée, qui a confiance en ses décisions et en son destin. J’aime énormément ce tempérament de feu que l’on ne retrouve peut être pas assez chez les héroïnes jeunesse. De mon coté, dans le dessin pur, je m’efforce de mettre des hommes ET des femmes partout : il y a des femmes chez les pirates, chez les gardes, chez les paysans. Mais il y a aussi des hommes chez les danseurs. Tout se passe à l’arrière plan mais j’espère que le message qui passe auprès des jeunes (et des moins jeunes) c’est qu’on peut être qui on veut, qu’importe le sexe.

Quel est l’artiste ou l’écrivain que tu estimes à la source de ta vocation et pourquoi ?

Houla, il y en a tant ! Plus que les auteurs, ce sont des œuvres dont je me souviens le plus : Thorgal, Aria, Lanfeust et pleins d’autres BD. Mais aussi des écrivains et écrivaines : KA Appelgate et ses superbes Animorph, les romans de Werber ou de Christian Grenier. Petite je passais mes aprèm à la bibliothèque, alors je pense que c’est l’accumulation de toutes ces BD et romans de dingue qui m’ont donné envie de faire partie de ce monde là.

Sur quel projet travailles-tu actuellement ?

Le tome 3 d’Ayati ! Cette foi, notre héroïne est rappelée au palais pour une mission spéciale. Mais laquelle.. ?;)

Quel regard portes-tu sur ton parcours artistique : bienveillant, fier, critique... ?

Aïe ! Je suis toujours hyper critique avec moi-même mais j’essaye de m’adoucir.

Disons que j’ai toujours envie de faire plus, de faire mieux, de me rapprocher des illustrateurs et illustratrices de talent dont je regarde le travail.

Mais sortir des livres m’a appris une forme d’humilité : le livre parfait n’existe pas.

Je serai toujours assez critique avec moi-même mais j’arrive à être de plus en plus

en paix avec mes exigences maintenant.

Interview réalisée par mail le 20 janvier 2020 exclusivement pour les Journées de la BD

L'interview

Sandra

VIOLEAU

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